Le musée Alice Taverne à Ambierle dans la Loire présente parmi d'autres merveilles la reconstitution d'une salle paysanne du Roannais et du Forez au XIX° siècle.

Autour de l'âtre central, posé sur des étagères suspendues en planches grossières, un pot de terre dont le galbe usé  évoque les reliefs d'une planète lointaine, comme est lointaine dans le temps et l'usage son utilisation par des générations de gens laborieux.

pot

Il voisine avec des coupes en bois un peu bancales pour boire peut-être ou recueillir des noisettes des cerises ou...

coupe

Comme je voulais de ces objets faire un triptyque il me fallait un motif plus lumineux au centre, absorbant moins la lumière, plus solaire. Pourquoi cette envie de grenades ; cela fait fait des années que je n'avais pas mangé de grenades, je les avais oubliées et brusquement sans savoir pourquoi je voyais des grenades, de ce rouge cardinal, et rien d'autre.

grenade

La symbolique de la grenade est inépuisable, dans toutes les religions et croyances mais une fois encore la mythologie grecque les surpasse en poésie pour expliquer la marche du monde :

Perséphone, fille de Déméter (Cérès), déesse de l’agriculture, et de Zeus fut enlevée par Hadès, dieu des Enfers. Accablée de chagrin, sa mère cessa de faire fructifier la terre. Zeus envoya alors aux Enfers son messager Hermès avec la charge de ramener Perséphone à la lumière du jour. Hadès offrit à la jeune déesse sept grains de grenade. Or, pour revenir du séjour des morts, il est impératif d’observer une règle, celle de n’y consommer aucune nourriture ou boisson. Perséphone mangea une graine et fut condamnée à passer un tiers de l’année avec Hadès aux Enfers. Elle rejoignait sa mère pendant les deux autres tiers.

Ainsi est le rythme des saisons et Déméter pleure sa fille en hiver.

Voila donc mon triptyque, donnez lui le sens que vous imaginez :

 

Triptyque