Mercredi 22 Août 2018, le matin juste avant 7h

 

 

Rouge, là-bas, derrière l'épaisseur des feuilles. La lumière se ramasse en boule. Une intensité qui agace l’œil. Une vision par intermittence. L'image rémanente du soleil à travers le clignement des paupières.

 

Là-haut, les lignes blanches des avions s'entrecroisent dans un dessin géométrique aléatoire. Deux suivent en sens opposé le même couloir aérien, l'un va vers le sud est, Nice, l'Inde ou la Tunisie, l'autre en revient, la Bretagne ou l'Angleterre, aéroport d'Heathrow. Trapèze, losange s écartèlent, un brouillon de voyage derrière le hublot de ma chambre.

 

Et le vol en formation de cinq grands oiseaux de l'écopole, le triangle parfait se déforme au bout de quelques battements d'ailes. Noté, le passage sombre de quelques grands corbeaux et toujours le cri des tourterelles lancinantes, exaspérantes, en trois temps, le dernier décalé. Rumeur vague et montante de la circulation.Les feuilles du bouleau s'éclairent et Notre Dame sonne.

Une toile d'araignée s'agite au-dehors à l'angle de la fenêtre : un drame du petit déjeuner. Le figuier dépasse du mur et jette plusieurs feuilles chez le voisin. Un camion, les ouvriers du chantier débarquent. Le monde se resserre, la lumière gagne en intensité. Il fait trop chaud.

Je tire le rideau.

 

Marie-Pierre BAYLE